Les émotions colorent et pimentent notre existence. Elles nous font nous sentir pleinement vivants. Pourtant, nombreux sont ceux qu’elles dérangent et à qui elles font peur. Et si nous apprenions à mieux connaître nos émotions pour vivre plus sereinement ?

 

Les émotions sont des indicateurs de notre vie intérieure

 

Elles nous renseignent sur la satisfaction de nos besoins et nous permettent de nous adapter et de faire face aux situations que nous rencontrons.

Nous avons tendance à classer à tort les émotions en deux catégories : positives ou négatives, ou encore bonnes ou mauvaises. Or aucune n’est à blâmer. Il est plus juste de parler d’émotions agréables ou désagréables.

Toutes les émotions sont en effet positives dans la mesure où elles nous sont utiles et servent le même objectif : nous aider à satisfaire nos besoins.

A la manière d’un voyant lumineux qui s’allume sur le tableau de bord des voitures en cas de problème, les émotions désagréables nous montrent qu’il y a un dysfonctionnement en nous qu’il nous faut régler pour nous ramener à l’équilibre.

Un de nos besoins n’est pas satisfait, un indicateur s’allume (le plus souvent peur, colère ou tristesse). Une fois que le besoin sera satisfait, l’émotion désagréable disparaîtra immédiatement.

A l’inverse, quand nos besoins sont satisfaits, nous éprouvons joie, contentement, plaisir, enthousiasme : nous sommes dans un état d’équilibre. Les voyants sont au vert.

De plus, les émotions nous donnent l’impulsion d’agir. Une fois que nous comprenons que nos besoins ne sont pas satisfaits, nous allons nous mettre en action pour rétablir l’équilibre. L’émotion agit alors pour nous faire réagir de façon appropriée en fonction du contexte extérieur.

Chaque émotion ressentie nous pousse à nous adapter et à ajuster nos comportements pour vivre au mieux au sein de notre environnement.

Il existe six émotions primaires : la peur, la colère, la tristesse, la surprise, le dégout et la joie.

 

La peur 

Cette émotion est ressentie lorsque nous nous trouvons face à un risque ou un danger, réel ou imaginaire. Notre sécurité physique ou psychique est menacée.

La peur génère alors des réponses physiologiques (libération d’adrénaline, accroissement de notre vigilance, etc.) nous poussant à adopter le comportement le plus adéquat pour nous protéger : la fuite ou le combat.

La peur est un véritable signal d’alarme pour l’être humain comme pour les animaux. C’est un mécanisme de défense naturel.

A noter qu’une peur trop importante peut devenir paralysante et conduire à inhiber l’action. Dans ce cas, nous restons immobiles, comme sidérés, incapables d’agir de façon appropriée.

Un exemple dans le monde animal : un lièvre, cerf ou autre animal sauvage qui traverse la route en pleine nuit peut se retrouver complètement paralysé par les phares d’une voiture, et plutôt que de fuir, restera immobile et figé… au péril de sa vie.

 

La colère

Cette émotion a bien mauvaise presse. Il n’est en effet pas bien vu d’exprimer sa colère en société. Nous sommes tous invités à agir en personnes calmes, bien élevées, à être maitres de nous-mêmes et de nos réactions…

Pourtant là encore, cette émotion a son utilité. Elle nous indique qu’un de nos besoins n’est pas satisfait et qu’il serait bon d’agir pour rétablir l’équilibre.

La colère se manifeste quand quelqu’un touche à notre système de valeur : injustice, manque de respect, envahissement de notre territoire… Une de nos limites a été franchie. Il y a un décalage entre ce que nous voulons et ce qui est.

Nous sommes frustrés et insatisfaits. Quelque chose ou quelqu’un fait obstacle à notre bien être. Nous avons besoin que la situation change et que réparation soit faite.

La colère nous prépare à l’attaque et à la défense de nos intérêts en nous donnant l’énergie nécessaire pour faire face aux obstacles que nous rencontrons.

Cette émotion nous est donc grandement utile. Par contre, il est nécessaire de l’utiliser correctement pour qu’elle nous soit bénéfique.

Bien gérée, la colère nous aide à agir de manière responsable pour trouver des solutions à nos frustrations et retrouver l’équilibre perdu.

 

La tristesse

La tristesse nous informe que nos besoins affectifs ne sont pas satisfaits. Cette émotion est ressentie suite au manque, à la perte ou à la privation de quelque chose ou de quelqu’un d’important pour nous. Elle conduit à une posture et un comportement de repli sur soi.

La tristesse est signe d’impuissance. Peut-être que la peur ou la colère ont précédé cette émotion. La situation n’est pas revenue à l’équilibre. Le sentiment de perte, de manque ou d’absence de ce qui nous est cher est toujours là. Nous ne savons que faire pour y remédier, alors le chagrin nous envahit.

Là aussi, cette émotion a son utilité. Elle nous permet, par les pleurs, d’extérioriser notre souffrance. Nous nous sentons souvent mieux après avoir pleuré. Nous sommes plus à même de reconsidérer les choses, de prendre du recul sur les situations douloureuses que nous rencontrons.

De plus, la tristesse provoque l’empathie et la bienveillance de notre entourage. Cette émotion, quand elle est manifestée auprès d’autres personnes, va souvent attirer l’affection et le réconfort qui nous manquent. Des amis, membres de notre famille ou connaissances vont nous soutenir, nous entourer, nous comprendre, partager nos peines, nous accompagner pour faire face à la perte et au manque ressentis.

Ce qui est perdu est perdu et nous ne pouvons souvent rien faire contre cela. Mais la tristesse nous aide à combler une partie de nos besoins affectifs. Elle nous pousse à chercher le réconfort vers l’extérieur, soit pour recréer du lien avec les autres, soit pour trouver ce même réconfort dans des activités épanouissantes et enrichissantes qui vont nous permettre de nous reconstruire et d’aller de l’avant.

La tristesse nous aide donc à prendre soin de nous-mêmes et de nos besoins affectifs. C’est une émotion d’une importance capitale.

 

Surprise et dégout 

La surprise est une émotion fugace survenant face à une situation inattendue. Elle frappe l’esprit, nous fait stopper nos activités en cours, éveille tous nos sens, nous met en alerte. Elle est très brève et cède souvent la place à une autre émotion (tristesse, joie, colère).

 

Le dégoût nous protège de ce qui peut nous être nocif.

Le dégout quant à lui a pour fonction de nous faire nous éloigner et rejeter ce qui n’est pas bon pour nous. L’objet de notre dégout est considéré comme un poison, un danger ou une menace. Il nous paraît toxique. Il nous répugne. Nous le jugeons et le rejetons avec une certaine violence. Le dégout agit comme mécanisme de défense pour protéger notre santé ou notre intégrité physique ou morale.

 

La joie

C’est par excellence l’émotion du bien-être, de la satisfaction, de la plénitude. La joie envahit tout notre être et nous fait le plus grand bien.

De multiples hormones liées au bien-être (plaisir, bonne humeur, excitation, lien social) sont sécrétées dans notre corps lorsque nous ressentons cette émotion bénéfique.

La joie se manifeste à chaque fois que nous parvenons à satisfaire nos besoins, que nous obtenons ce que nous désirons, que nous sommes comblés. Dans ces cas-là, nous nous sentons vibrants, vivants, excités, exaltés, pleins d’enthousiasme.

La joie est une émotion sociale. Elle crée et renforce les liens avec les autres et facilite l’intégration dans un groupe. Son rôle social est essentiel.

Malheureusement, cette émotion est de courte durée.

Cependant, nous pouvons nous en servir comme moteur et source de motivation pour tenter de reproduire d’autres expériences joyeuses.

Ce sont les expériences répétées de joie, de plaisir et de satisfaction qui créent notre bonheur à long terme.

 

Je m’en sors : je fais la paix avec mes émotions

 

Pour vivre en paix avec vos émotions, il est important de ne pas lutter contre elles, mais au contraire de les accepter. Plus vous allez résister à l’émotion, plus vous la renforcerez et augmenterez le pouvoir qu’elle a sur vous.

• La première chose à faire pour bien vivre avec vos émotions est de prendre conscience le plus possible de l’état émotionnel dans lequel vous vous trouvez et de ses variations au cours de la journée.

Lorsqu’une émotion surgit, identifiez-la et nommez-la : « En ce moment, je ressens de la peur/tristesse/joie… »

• Analysez aussi comment elle se manifeste physiquement en vous, quelles sont vos sensations dans votre corps, quelles modifications physiques sont apparues.

 

 

Identifiez aussi les facteurs déclenchants, ce qui a activé telle ou telle émotion, quels événements ont amené à ressentir colère, joie, tristesse…

N’essayez pas de fuir ou d’étouffer les émotions désagréables. Les bloquer les renforcent. Rappelez-vous que les émotions servent à vous mettre en mouvement pour vous permettre d’agir au mieux face aux événements que vous rencontrez. En résistant à vos émotions, vous bloquez l’énergie nécessaire à l’action juste et appropriée.

De toutes façons, vous ne pouvez pas contrôler la survenue de vos émotions, elles se manifestent à votre insu et continueront de le faire, que vous le vouliez ou non. Laissez-leur la juste place dont elles ont besoin pour vous servir. En les laissant vous traverser, vous leur permettrez de partir plus vite…

• Pour vous aider, vous pouvez considérer les émotions comme les vagues de l’océan. Elles se forment, prennent de plus en plus d’ampleur, puis s’affaiblissent naturellement pour finir par disparaître. Il ne vous viendrait pas à l’idée d’essayer de contrer ou contrôler cette force naturelle et puissante ! Le mieux est tout simplement de laisser ces vagues émotionnelles agir en vous et d’apprendre à surfer dessus.

Décodez le message derrière l’émotion. Qu’est-ce que cette émotion vous apprend ? Quel besoin n’est plus satisfait ? Que pourriez-vous faire pour rétablir l’équilibre rompu ?

 

 

Si vous êtes triste, cherchez ce qui pourrait vous apporter du réconfort. Après vous êtes replié sur vous pour vivre pleinement votre chagrin, tournez-vous vers les autres pour combler vos besoins affectifs.

Cherchez aussi ce qui pourrait vous faire vous sentir mieux avec des activités agréables et pleine de sens pour vous.

Vous êtes en colère ? Utilisez l’énergie libérée par cette émotion pour :

– trouver des solutions aux obstacles que vous rencontrez ;

– passer à l’action pour combler votre besoin insatisfait.

 

 

La colère n’est pas mauvaise en soi, ce sont les réactions qui en découlent qui peuvent l’être. Apprenez à manifester cette émotion avec justesse pour qu’elle construise au lieu de détruire. Une colère justement exprimée ne fait pas basculer dans l’agressivité ou la violence. Elle permet à votre interlocuteur de comprendre que quelque chose ne vous convient pas du tout et qu’il s’agit de remédier à cela. Vous pouvez au besoin vous former aux techniques de communication positive ou de communication non violente pour apprendre à vous exprimer dans le respect de vous… et de l’autre. Par ailleurs, n’essayez pas d’étouffer votre colère, cela ne fera que générer encore plus de frustration et d’insatisfaction. Vous augmenterez la pression et le ressentiment en vous, ce qui vous fera basculer directement dans le stress. A éviter donc.

 

 

Si vous avez peur, questionnez votre perception du danger et agissez malgré la peur. Que trouvez-vous menaçant ? Quel danger courrez-vous réellement ? Que pouvez-vous faire pour vous rassurer, vous protéger, retrouver votre sécurité ?

La peur est une émotion d’anticipation : ce qui nous fait peur est ce qui est susceptible de se produire, mais qui n’est pas encore arrivé (et ne se produira peut-être jamais). Sachant cela, vous pouvez vous interroger sur le risque que vous courrez lorsque vous ressentez cette émotion. Y-a-t-il d’ailleurs un réel danger, ou bien est-ce votre imaginaire qui vous joue des tours en inventant une menace fictive ? Le plus souvent, la menace que nous associons à la peur n’est que pure production de notre imagination. Il est peu probable par exemple que vous vous retrouviez à la rue si vous perdez votre emploi. Vous n’allez pas non plus mourir si votre partenaire de vie vous quitte. Quelques soient les difficultés et incertitudes que vous rencontrez, vous arriverez à faire face, comme vous avez toujours réussi à le faire par le passé. Vous trouverez des solutions à vos problèmes. Alors ne laissez pas votre esprit être envahi par les peurs de toutes sortes et agissez malgré votre peur. Cette émotion ne doit pas freiner votre existence. Vous pouvez apprivoiser vos peurs et vous dépasser. C’est en agissant avec courage et malgré vos peurs que vous augmenterez votre confiance en vous.

 

 

En conclusion

 

Une gestion saine de vos émotions vous permet de développer plus de maitrise et de sérénité dans votre vie. Vous ne subissez plus vos émotions, elles vous servent et vous les utilisez à bon escient. Entrainez-vous à surfez sur vos vagues émotionnelles. Les émotions sont vos meilleures alliées pour vous guider vers ce dont vous avez besoin.

 

« Tu n’as aucun besoin de contrôler tes émotions. Les émotions sont naturelles, elles passent comme la météo qui change. Parfois c’est de la peur, parfois de la tristesse ou encore de la colère. Les émotions ne sont pas un problème. La clé est de transformer l’énergie de l’émotion en action constructive. »

Dan Millman

 

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